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Partager les photos de mes enfants… Ou pas?

Avant de publier, répondez à ces 6 questions

‘Sharenting’, c'est le nom du phénomène des parents qui partagent des photos et vidéos de leur progéniture sur les réseaux sociaux. C'est bien sympa de les faire circuler, mais mieux vaut réfléchir avant, car on n'a pas le droit de faire tout et n'importe quoi. Nous avons demandé l'avis d'un expert juridique, Simon Verschaeve.

C'est surtout avec l'essor des blogs de mamans que le nombre de photos d'enfants sur internet a été boosté. Pour son mémoire de master, Simon Verschaeve (université de Gand) a étudié le phénomène du sharenting sous l'angle juridique. “Les parents ont le droit à la liberté d'expression, le droit à une vie de famille et le droit à une vie privée. Le partage de photos de leurs enfants tombe sous ces droits fondamentaux”, dit-il. En d'autres termes: en respectant quelques règles de base, personne ne peut vous interdire de mettre sur Facebook la première photo de votre bébé, le cliché de sa première panade ou de son premier passage sur le pot. Et nous savons tous combien cela fait plaisir de mettre en ligne une photo ou un film trop mignon et de récolter des pouces et des cœurs.

Les enfants ont aussi le droit à la vie privée, et cela comporte tout de même quelques restrictions pour vous en tant que parent. En principe, une image ne peut pas être publiée sans l'autorisation de la personne concernée. Quand les enfants sont petits - selon la jurisprudence, jusqu'à l'âge de douze ou quatorze ans - ils ne peuvent évidemment pas donner cette autorisation eux-mêmes et la capacité juridique revient aux parents.”

Donc, jusqu’à ce que votre enfant ait l'âge et la maturité nécessaire (notamment face aux médias), c'est vous qui déterminez ce que vous publiez à son sujet et dans quelle quantité, et ce que vous choisissez de montrer (dans la limite de la bienséance et de ce qui est autorisé, bien sûr). Chouette, mais que cela ne soit pas une raison pour mettre en ligne tout et n'importe quoi. Il est bon d'avoir conscience que nos enfants, avant même d'être présents en ligne eux-mêmes, portent déjà un tatouage digital. Une empreinte que nous avons créée pour eux. Et plus les enfants sont petits, plus nous devons faire preuve de retenue, pense Simon Verschaeve. “Lors de ma recherche, j'ai vu que le tatouage digital de certains enfants est énorme. Il est préférable de limiter l'identité en ligne jusqu'à ce que l'enfant soit assez grand pour participer à son développement.” Souvent, les parents n'y pensent pas, mais ce qui paraît sur Internet peut y rester une vie durant. Ce qui est sympa aujourd'hui ne le sera peut-être plus du tout dans le futur. Et si nous désirons que nos enfants deviennent de petits humains doués de sens critique face aux médias, autant oser remettre en cause notre propre façon de partager sur les réseaux, n'est-ce pas? Avant de publier, posez-vous ces questions.

Question 1: Est-ce que tout le monde peut voir cette photo?

Et tout le monde, cela veut dire 'la terre entière', en quelque sorte. Car vous partagez une photo avec vos amis sur Facebook, mais ils pourraient la télécharger, la taguer, l'envoyer, la republier… Partez du principe qu'il y a bien plus de gens qui verront cette photo que ceux que vous aviez initialement en tête.

Quelle est votre réponse?

º “Hmm, peut-être pas” > gardez cette photo pour vous

º “Pas de souci, tout le monde peut la voir” > allez à la question 2

 

 

Question 2: est-ce vraiment chouette? Et dans quelques années?

Certes, aujourd'hui, la photo est adorable et/ou drôle, sinon vous n'auriez pas pensé à la publier. Mais projetez-vous un peu plus loin dans le futur. Votre bambin qui pique une colère, fait des gaffes attendrissantes, prononce les mots de travers ou tripote le contenu de son pot: il est très peu probable que votre ado ait envie de se revoir publiquement dans cette posture.

Quelle est votre réponse?

º “C'est vrai, plus tard, cela pourrait devenir gênant” > gardez cette photo pour vous

º “Même plus tard, il n'y a rien de dérangeant” > allez à la question 3

 

 

Question 3: est-il question de nudité?

Des petites fesses de bébé craquantes, des fillettes en bikini à la plage: nous pensons généralement qu'un peu de nudité est innocente quand les enfants sont petits. Mais Child Focus a tiré la sonnette d'alarme encore récemment. Niels Van Paemel, de Child Focus: “Sur les réseaux sociaux, on voit souvent des photos d'enfants en vacances, au bord de la piscine, à la plage… Il n'y a pas de problème à les montrer dans un contexte familial, mais en ligne, mieux vaut être prudent. Ces photos peuvent être extraites de leur contexte et se retrouver sur des sites web pédophiles, où de jeunes enfants sont sexualisés.

Oui, il y a des personnes mal intentionnées qui écument le web et font un usage abusif et hors-contexte des photos. Simon Verschaeve: “En Russie, il y a eu un immense scandale autour d'images pédophiles. Il est apparu qu'une grande partie de ces photos avaient été postées par les parents eux-mêmes sur les réseaux sociaux.” Ce n'est pas parce que nos intentions sont innocentes que la photo sera pour autant toujours interprétée avec la même innocence.

Quelle est votre réponse?

º “Oups, on aperçoit un zizi ou une zézette sur cette photo” > gardez cette photo pour vous OU allez à la question 4

º “Pas de problème, aucune nudité en vue” > allez à la question 4

 

 

Question 4: avez-vous vérifié tous vos paramètres de vie privée?

Toutes les études démontrent que la plupart des parents n'ont en général aucune notion des réglages de protection de la vie privée. Et pourtant, ceux-ci servent à mieux protéger vos photos, à plus forte raison celles de vos enfants.

>> Sur Facebook, vous avez la possibilité de partager vos photos avec tout le monde ou seulement avec des personnes précises. Cette fonction existe, utilisez-là. Créez des listes de personnes (famille, bons amis, parents d'enfants de la classe, etc.) qui auront le droit de voir vos photos prises à la plage.
>> Sur Instagram, cette fonction n'existe pas. Mais vous pouvez mettre votre profil en mode privé plutôt que public.

Quelle est votre réponse?

º “Hein!? Je n'y connais rien en réglages de vie privée” > Ne publiez pas votre photo OU voyez Google: 'modifier réglages vie privée sur Facebook/Instagram'

º “Ok, j'ai vérifié/adapté mes réglages de vie privée” > Très bien, allez à la question 5

 

 

Question 5: y a-t-il d'autres personnes sur la photo?

Il y avait probablement d'autres enfants dans la piscine, à la plaine de jeux ou à la fête d'anniversaire, donc il y a une chance qu'ils apparaissent également sur la photo. Les autres enfants sont-ils reconnaissables? Dans ce cas, selon la loi belge et le droit à l'image, vous devez d'abord demander l'autorisation à leurs parents.

Quelle est votre réponse?

º “Quel chipotage, je n'ai même pas les coordonnées des autres parents” > On vous comprend, mais dans ce cas, ne publiez pas la photo

º “Mon enfant est la seule star de la photo” OU “Check! Tous les autres parents ont donné leur accord” > Vous y êtes presque, allez à la question 6

 

 

Question 6: avez-vous demandé son accord à votre enfant?

Comment ça, "c'est moi qui décide de ce que je publie"? En théorie, oui (si cela reste dans les normes de la bienséance, du moins). Et tant que votre enfant ne maîtrise pas la parole, cela n'a pas beaucoup de sens de lui demander s'il est d'accord. Mais, si plus tard, vous aimeriez que votre enfant n'étale pas sa vie privée aux yeux de tous, il faut lui montrer l'exemple. En demandant son autorisation, dès qu'il a l'âge de comprendre ce que sont les réseaux sociaux et ce que vous y faites, vous l'habituez à cette façon de fonctionner.

Quelle est votre réponse?

º “Non, car mon enfant n'a que quelques mois” >
Dans ce cas, difficile de lui poser la question et vous êtes la personne qui donne l'accord. Mais en ayant répondu aux questions qui précèdent, vous comprenez que votre enfant a droit à une vie privée et qu'il vaut mieux réfléchir avant de mettre des photos en ligne. En faisant le test jusqu'ici, vous avez démontré que vous êtes un parent conscient face aux médias. Allez, appuyez sur le bouton 'publier' et savourez les pouces, cœurs et autres commentaires sympas!

º “Oui, et mon enfant ne veut pas. Dommage” >
Dommage, en effet. Mais il est important qu'en tant que parent, vous ayez demandé l'avis de l'enfant, et il est encore plus important de le respecter. Practice what you preach: si vous voulez éviter que votre enfant poste n'importe quoi plus tard, il s'agit de respecter sa volonté aujourd'hui. Ne publiez pas la photo et surtout, continuez à dialoguer avec votre enfant à propos du partage sympa et sûr!

º “Oui, et mon enfant a répondu: vas-y” >
Très bien, vous avez franchi toutes les étapes et vous avez parlé de qui se partage et de ce qui doit rester privé. Super! Continuez de dialoguer avec votre enfant à propos du partage sympa et sûr et appuyez sur le bouton 'publier'. Savourez les pouces, cœurs et autres commentaires sympas!

 
 

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