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Tom, de Marbles, remet en question toutes les règles de l’entreprise. Avec succès.

Tout statu quo se doit d’être remis en question, et la conception démodée du CEO est bonne pour la poubelle. Dans l'agence de communication Marbles, Tom Herrijgers, son fondateur, n'aime pas être considéré comme « le patron ». Avec ses collaborateurs, il n’a pas peur de remettre en question toutes les règles de l’entreprise. Résultat : les collègues choisissent quand et où ils travaillent et combien de jours de congé ils veulent, les salaires sont discutés en toute transparence. C’est une première, mais elle fonctionne : « Il est frappant de constater à quel point les gens sont plus performants lorsqu'ils sont heureux. »

Qu'est-ce qui vous a décidé à changer de cap et à sortir du modèle d’entreprise traditionnel ?

« Après une carrière de 15 ans, je suis arrivé à un tournant en 2015 : j'étais devenu le patron pour lequel je n’aurais pas voulu travailler. J'ai décidé de conserver pendant trois mois des Post-its sur lesquels je notais ce que j'avais aimé et ce que je n'avais pas aimé pendant ma journée de travail. J'ai constaté que 90% de la journée, je devais m’occuper de choses qui ne me rendaient pas heureux. J'étais un entrepreneur qui n'avait plus le temps d’entreprendre. Avec mes six collègues de l'époque et avec du capital frais, j’ai tout repensé. Le bonheur, plutôt que la pure recherche du profit, serait désormais l'objectif numéro un de l'entreprise. Du bonheur pour moi et pour mes collaborateurs, qui ont eu la possibilité de s’épanouir et de me décharger de tâches qui leur plaisaient, afin que je puisse à nouveau me concentrer sur ce que j'aime faire : entreprendre. »

C'est une approche personnelle audacieuse, pour laquelle vous avez reçu de nombreux éloges. Comment fonctionne concrètement ce principe ?

« Nous avons remis en question toutes les règles de notre entreprise. La première à disparaître a été : ‘il faut être au bureau entre 8 et 10 heures.’ Plus de conversations avec les retardataires, plus d'énergie négative. Nous avons une semaine de travail de 38 heures, mais si vous êtes en forme un jour et que vous travaillez 10 heures, puis que vous n'arrivez que vers midi le lendemain, c’est très bien. Ainsi, en tant qu'employeur, nous avons effectué de nombreux changements, qui étaient souvent une première en Belgique. Nous avons par exemple évalué le lieu de travail. Nous n'avons pas seulement autorisé le travail à domicile, comme beaucoup d’autres, mais nous avons immédiatement étendu ce principe au ‘travail n’importe où’. Ensuite, nous avons supprimé le nombre fixe de jours de congé. Lorsque j'ai fait mon premier engagement, le nombre de jours de congé était mentionné dans le contrat type du secrétariat social. Mais pourquoi conserver ce principe ? Chacun est libre de choisir le nombre de jours de congé qu'il souhaite. L'évaluation salariale traditionnelle a elle aussi été repensée. Nous nous évaluons mutuellement, au sein de nos équipes autogérées, en toute transparence. Tout le monde connaît nos recettes et nos dépenses, et tout le monde sait aussi ce que je gagne. C’est une façon de parvenir à la tranquillité et de tordre le cou aux rumeurs. Cela produit un effet libérateur. »

Vous avez introduit une politique « pas de politique ». Qu'entendez-vous par là ?

« Si vous n'êtes pas satisfait du fonctionnement de l'entreprise, c'est à vous d'agir. Ne venez pas juste vous plaindre, mais définissez votre plainte et proposez des solutions. Le patron n'est pas là pour résoudre vos plaintes ; chez nous, nous cherchons ensemble des améliorations. Il n'y a pas de règles, rien n'est figé, tout peut et doit être remis en question tant que cela peut contribuer à notre objectif : le bonheur au travail. Au lieu de parler de ‘moi’ et ‘eux’, nous parlons maintenant de ‘nous’. Je suis devenu un collègue au lieu d'un patron. »

Quels sont les effets positifs de cette approche ?

« En bref : nous faisons tous notre travail avec beaucoup plus de plaisir. On voit directement que tout le monde est prêt à consentir un effort supplémentaire. Chacun travaille avec une confiance totale en soi et dans les autres. En toute liberté, mais en étant bien conscients que cela implique aussi une responsabilité. Et le monde extérieur le remarque aussi : dès le début, notre politique du personnel n’est pas passée inaperçue. Conséquence : même aujourd'hui, les postes vacants sont facilement pourvus. Avec les clients, nous travaillons moins sur la base de projets, nous évoluons vers des partenariats et nous devenons presque des collègues. L'innovation est toujours inscrite dans nos gènes. Chaque année, nous réservons quelques semaines pour travailler uniquement sur l'innovation. J'espère que l'envie de remettre en cause le statu quo ne quittera jamais cette entreprise. »

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à d'autres entrepreneurs ?

« Osez remettre en question toutes les règles de votre entreprise. Ne le faites pas seul, mais avec vos collaborateurs. Impliquez-les, donnez-leur la confiance nécessaire pour oser, eux aussi. Prenez aussi le temps de les écouter. On parle souvent de l'importance du capital humain. Je ne saurais trop insister sur cette importance. Valorisez vos collègues, demandez-leur comment ils vont, mais ne le faites pas de manière superficielle. Asseyez-vous avec eux et demandez-leur : ‘Qu’est-ce qui vous préoccupe, comment puis-je vous aider, comment voulez-vous évoluer, qu'aimez-vous faire ?’ Cela procure aux gens la tranquillité d'esprit et la confiance nécessaires. »