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Docteur en psychologie, Elke Geraerts parle de résilience psychologique en ces temps difficiles

Comment relever les défis de la crise du coronavirus ?

Chez bon nombre de gens, la crise du coronavirus a provoqué un tourbillon d’émotions. Les répercussions directes ont été immédiates : notre pays a été brutalement confiné mi-mars, et nous avons tous basculé d’un jour à l’autre dans le télétravail. Mais quelles répercussions (indirectes), cette crise a-t-elle eues sur notre résilience, notre hygiène mentale et notre résistance psychologique ?

 
 

Elke Geraerts, docteur en psychologie et auteur du livre « Mentaal Kapitaal en Authentieke Intelligentie », souligne : « Notre cerveau est en continuelle évolution tout comme la société. En œuvrant activement au développement de votre état d’esprit, vous renforcerez votre résilience. »

 

Le coronavirus a eu des répercussions sans précédent sur notre vie. Les neuroscientifiques et les psychologues sont tous d’accord pour dire que cette crise a été traumatisante pour de nombreuses personnes. Les conséquences sur le bien-être mental sont immenses. Rien de surprenant ! Nous avons dû nous réinventer continuellement depuis mars à cause de la pandémie : nous avons été obligés de chercher de nouveaux modes de vie et de travail et nous vivons perpétuellement dans l’incertitude.

 

Avec ce deuxième confinement, nombreux sont ceux qui à nouveau éprouvent des difficultés à trouver le courage de s’adapter. Quelles sont les répercussions de cette crise, qui dure depuis plusieurs mois déjà, sur notre résilience et notre résistance psychologique ? Elke Geraerts, Docteur en psychologie et auteur du livre « Mentaal Kapitaal en Authentieke Intelligentie », nous explique comment relever les défis de cette crise, à trois niveaux : l’hygiène mentale, le travail et la culture de l’entreprise.

De Caliméro à « Calihéros »

« Tout commence par l’état d’esprit », explique Elke Geraerts. Nous devons évoluer d’un état d’esprit fixe à un état d’esprit de développement. Notre modèle de pensée actuel ressemble davantage à celui du personnage du dessin animé Caliméro. « Alors qu’il faudrait justement éviter d’être des Caliméro et devenir des “Calihéros”. En relevant des défis, en s’inspirant des gens qui ont réussi et en se persuadant qu’il est possible de tout apprendre en faisant un minimum d’effort, cet important état d’esprit de développement se mettra progressivement en place. »

 

Changer d’état d’esprit est plus facile qu’on ne pense. Tout commence dans le cerveau qui se compose du système limbique (le siège des impulsions et des principaux comportements primitifs) et du cortex préfrontal (le siège du raisonnement et de l’empathie). Nos instincts primitifs se portent particulièrement bien actuellement : nous vivons dans une société digitale où tout évolue rapidement et où nous sommes submergés d’informations. « Nous faisons ainsi défiler l’écran de notre smartphone quelque 150 fois par jour pour nourrir notre système limbique. Nous continuons sans profiter de la vue qui s’offre à nous, sans faire de pause. »

 

Nous avons néanmoins besoin, et d’autant plus en ces temps plus difficiles, de réfléchir et de raisonner en activant notre cortex préfrontal. « Nous devons réfléchir plus lentement, envisager différentes options et prendre le temps d’assimiler toutes ces informations. Il faut donc basculer plus régulièrement du système limbique au cortex préfrontal. Posez-vous la question “à quoi étais-je en train de penser ?” Dès que vous en prendrez conscience, vous opérerez ce basculement, et en faisant cet exercice, vous éviterez d’absorber toute cette négativité comme une éponge. »

«En tant que supérieur, si vous montrez que vous faites confiance à vos collaborateurs, ceux-ci auront davantage de confiance en eux. N’ayez pas peur de montrer que vous êtes fragile. Vous montrerez que vous êtes comme eux, vous créerez davantage de liens et vous trouverez avec votre entreprise l’énergie nécessaire pour surmonter les obstacles et traverser les périodes difficiles.»

Elke Geraerts – Better Minds at Work

 
 

Rester concentré grâce à son travail

Au travail, cet état d’esprit en développement et de « Calihéros » est également primordial. Il existe d’ailleurs différentes façons de reprendre le contrôle. En adoptant par exemple un certain rituel avant de vous concentrer, vous pouvez conditionner votre cerveau. Grâce à ce rituel, vous pourrez définir vous-même le moment où vous devrez vous concentrer. « Lorsque je dois entamer une tâche plus importante, je commence toujours par écouter la même chanson de Leonard Cohen. Avant de jouer un match de tennis, Rafael Nadal prend toujours le temps de placer correctement toutes ses gourdes. C’est ainsi qu’il recherche et qu’il trouve sa concentration absolue sur le match qu’il doit jouer. Vous pouvez vous aussi instaurer un rituel avant de commencer votre journée de travail », observe Elke Geraerts.

 

La neuropsychologue essaie aussi de se concentrer, et depuis un certain temps de nombreuses entreprises lui ont emboîté le pas, en pensant aux éléphants et aux lapins. « Les éléphants représentent les tâches sur lesquelles vous devez vous concentrer à 100 %. Les lapins sont les petits imprévus du quotidien : les coups de téléphone, les emails, bref tout ce qui interrompt votre routine. “Je parie que ce matin, vous avez commencé la journée en ouvrant votre messagerie, votre clapier à lapins. Ensuite, vous avez terminé quelques petites tâches. En fait, il vaudrait mieux commencer votre journée par les tâches qui vous demandent le plus de concentration. C’est à ce moment-là que votre cerveau est le plus frais”, précise Elke Geraerts.

Faire confiance

La crise du coronavirus nous a enfin montré en accéléré que nous devions évoluer vers une autre culture d’entreprise. “La sécurité psychologique des salariés doit être davantage privilégiée. Nous devons instaurer une culture acceptant les échecs. Lorsqu’un travailleur éprouve certaines difficultés à effectuer une tâche, son supérieur prend souvent le relais actuellement. Mais c’est en persévérant que l’on devient un ‘Calihéros’”, explique Elke Geraerts. “En tant que supérieur, si vous montrez que vous faites confiance à vos collaborateurs, ceux-ci auront davantage de confiance en eux. N’ayez pas peur de montrer que vous êtes fragile. Vous montrerez que vous êtes comme eux, vous créerez davantage de liens et vous trouverez avec votre entreprise l’énergie nécessaire pour surmonter les obstacles et traverser les périodes difficiles.”

 
 

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